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Comment régulariser des travaux non déclarés ?

Lorsque l’on souhaite construire un bâtiment ou y apporter des modifications, il est nécessaire d’obtenir au préalable une autorisation auprès du service de l’urbanisme de sa mairie, sans quoi l’on s'expose à de lourdes sanctions pénales, fiscales, administratives et civiles.

Il est toutefois possible de régulariser sa situation, cette régularisation n’effaçant pas l’infraction mais dispensant de peine.

Selon l’importance et la nature des travaux, l’autorisation d’urbanisme pourra être une simple déclaration préalable ou bien une demande de permis de construire.

En effet, ainsi que l’indique le code de l’urbanisme, certaines « constructions, aménagements, installations et travaux qui, en raison de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation, ne justifient pas l’exigence d’un permis et font l’objet d’une déclaration préalable ».

Il s’agit notamment des constructions neuves telles qu’un garage, une dépendance ou des travaux visant à agrandir une construction existante pour une surface comprise entre 5m² et 20m², cette surface ajoutée pouvant aller jusqu’à 40m² si le bien est situé dans une zone urbaine couverte par un plan local d’urbanisme (PLU). Il en va de même pour la construction d’un mur excédant 2 mètres de hauteur, la construction d’une piscine non couverte n’excédant pas 100m², des travaux modifiant l’aspect extérieur d’un bien tels que le changement d’une fenêtre, la création d’une ouverture en façade ou même le changement de couleur de cette façade. Le changement de destination d’un bien comme par exemple la transformation d’un garage en lieu d’habitation, requiert également une déclaration préalable aux travaux.

Une fois l’autorisation d’urbanisme adéquate demandée et obtenue, les travaux peuvent être effectués. Il faudra alors effectuer une déclaration d’achèvement et de conformité des travaux. L’administration pourra contrôler les travaux durant le chantier et jusqu’à 3 mois (5 mois dans certaines zones protégées) après la déclaration d’achèvement, après quoi elle ne pourra plus contester la conformité des travaux.

Si l’autorisation d’urbanisme n’a pas été demandée ou bien qu’il n’y a pas de déclaration d’achèvement de travaux, l’administration disposera d’un délai de 6 ans après l’achèvement des travaux pour effectuer un contrôle.

Les risques encourus en cas de travaux réalisés sans autorisation d’urbanisme

En cas d’absence d’autorisation d’urbanisme ou de non-respect des règles d’urbanisme, le propriétaire encourra des sanctions pénales, civiles, fiscales et administratives :

  • Au niveau pénal, les sanctions sont lourdes pour le propriétaire puisqu’elles peuvent aller jusqu’à 300.000 € d’amende et 6 mois de prison en cas de récidive. Le fait de régulariser la situation juridique a posteriori n’annule pas pour autant l’infraction commise et le propriétaire sera tout de même susceptible d’être sanctionné. Il existe cependant un délai de prescription d’une durée de 6 ans à compter de la date d’achèvement des travaux, au delà toute action au niveau pénal sera prescrite.

 

  • Au niveau civil, toute action en responsabilité civile peut être engagée dans un délai de 10 ans après l’achèvement des travaux s’il n’y a pas eu de demande d’autorisation, après quoi elle sera prescrite. En cas de demande effective d’autorisation mais de non conformité au permis délivré, l’action en responsabilité civile est prescrite 5 ans après l’achèvement des travaux. Cette action peut être engagée par toute personne physique ou morale subissant un préjudice du fait des travaux litigieux comme par exemple un voisin. La commune peut également engager une action en responsabilité civile dans un délai de 10 ans à compter de l’achèvement des travaux. Elle pourra demander la démolition de l’ouvrage ou sa mise en conformité.

 

  • Au niveau fiscal, l’imposition est due et ce même si la construction est illégale ou non conforme. L’administration fiscale se base sur les renseignements dont elle dispose pour déterminer les taxes et impôts dus par le contribuable mais si ce dernier ne lui a pas communiqué toutes les informations nécessaires, elle ne pourra pas établir le montant réel des impôts dont il devra s’acquitter. Il s’agit d’une fraude sanctionnable à tout moment, mais il est possible de régulariser sa situation :

 

  • Taxe d’aménagement : il s’agit d’une taxe fixée par la commune, le département ou la région, due lors du dépôt du permis de construire. Dans ce cas elle sera acquittée lors de la régularisation, sachant qu’elle peut être majorée à hauteur de 80% du montant dû.
  • Taxe foncière et taxe d’habitation : ces taxes sont établies en fonction de la situation du bien concerné au 1er janvier de l’année de l’imposition. Le redevable peut, sans sanction, régulariser sa situation jusqu’au 31 décembre de l’année en cours mais bien souvent cette régularisation n’intervient que bien plus tard. Le montant de cette régularisation sera d’un maximum de quatre fois le montant du rôle de l’année en cours.

 

Le délai de prescription fiscale est de 6 ans.

 

  • Au niveau administratif, les sanctions peuvent relever du contentieux mais peuvent aussi porter sur l’impossibilité par la suite d’obtenir des autorisations de travaux portant sur ce même bien.

Si la construction est non conforme au permis de construire délivré, une action contentieuse peut être engagée auprès du Tribunal Administratif contre le propriétaire en vue d’annuler ce permis. Le délai de forclusion de cette action en annulation est de 1 an suivant l’achèvement des travaux.

Si la construction initiale est réalisée sans permis de construire, l’administration pourra refuser toute demande d’autorisation de travaux sur cette construction tant que la situation initiale ne sera pas régularisée. Le propriétaire doit donc demander une autorisation d’urbanisme pour l’ensemble des constructions réalisées et en projet. L’administration sera en droit de refuser l’ensemble du projet et les conséquences seront graves puisqu’il faudra alors démolir les anciens travaux réalisés afin de remettre les constructions dans leur état d’origine.

Par ailleurs, l’Administration peut s’opposer à ce que la construction soit raccordée au réseau ou soit reconstruite en cas de sinistre. Ces deux interdictions sont imprescriptibles.

Ainsi, en cas d’absence, d’irrégularité ou de non-conformité d’une construction, son raccordement ou sa reconstruction après sinistre reste à la discrétion de la commune.

Cependant, il existe désormais un délai de prescription administratif de 10 ans. Ainsi, pour les constructions achevées depuis plus de 10 ans, le refus de permis de construire ou de déclaration de travaux ne peut pas se fonder sur l’irrégularité de la construction initiale, sauf si cette construction initiale a été réalisée sans permis de construire, auquel cas l’ensemble des travaux réalisés par la suite sur cette construction sont exclus du champ d’application de cette prescription. Cette affirmation est à nuancer car il sera parfois possible de régulariser des constructions sans permis initial en prenant en compte les différents intérêts publics et privés en présence et si ces travaux permettent la préservation de la construction et le respect des normes.

 

 

Régulariser la situation en cas de constructions irrégulières

A la date de demande, les travaux réalisés doivent être conformes aux règles d’urbanisme en vigueur.

Ces informations sont contenues dans le certificat d’urbanisme qui peut être demandé auprès de la mairie.

Il s’agit d’abord de déterminer le type de zone sur lequel a été édifiée la construction, puis de voir quelles sont les règles d’urbanisme applicables à cette zone. Ces règles peuvent être nombreuses et variables selon l’environnement dans lequel se situe le bien.

Par ailleurs, pour les constructions récentes, les normes énergétiques « RT2012 » devront être respectées.

En cas de construction réalisée avec une autorisation mais non respectée, il conviendra tout d’abord d’en obtenir une copie afin d’en vérifier le contenu et la date de validité. Ensuite, il s’agira de déterminer l’étendue du non-respect de cette autorisation : il peut s’agir d’une infraction légère comme la réalisation d’une ouverture supplémentaire ou la construction d’un abri de jardin, ou bien d'une infraction plus lourde comme la réalisation de logements en lieu et place de garages par exemple.

 

Afin de régulariser la situation auprès des services de l’urbanisme, le propriétaire devra monter un dossier complet de permis de construire incluant les travaux déjà réalisés et les travaux éventuellement à venir. Pour se faire, la commune met à disposition des formulaires accompagnés de notices explicatives. En cas de doute sur le régime d’autorisation applicable à son projet, il est toujours préférable de demander un permis de construire car si les travaux ne nécessitent aucune autorisation, la demande n’aura pas d’objet et les travaux ne pourront pas être refusés par la mairie. Par ailleurs, si les travaux relèvent du régime de la déclaration préalable, le permis sera considéré comme une déclaration.

 

Auprès de l’administration fiscale, la régularisation doit être fait dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux sur une déclaration de modèle H1 pour une maison et H2 pour un appartement. Pour un changement de consistance comme la construction d’une piscine, ou de surface comme l’aménagement des combles, la régularisation se fera sur une déclaration de modèle 6704 IL.

 

Pour en savoir plus sur les règles en matière d’urbanisme applicables à votre bien, n’hésitez pas à prendre contact avec votre notaire.