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Changer de syndic de copropriété : Mode d'emploi pour ne pas rater le coche lors de votre prochaine Assemblée générale

Vous avez l'impression que la gestion de votre immeuble fait du surplace ? Entre les charges qui grimpent et les travaux qui traînent, le mécontentement gagne les rangs des copropriétaires. Pourtant, une question revient souvent : comment changer de syndic de copropriété sans se prendre les pieds dans le tapis de la réglementation ? En réalité, tout est une question de timing. En copropriété, la fenêtre de tir est étroite : elle s'ouvre une fois par an lors de l'assemblée générale (AG) annuelle. Rater cette occasion, c’est souvent repartir pour un an de frustration. Voici le mode d’emploi pour mener et réussir cette procédure avec brio.

Pourquoi est-il important d'anticiper le changement de syndic ?

Le mandat d'un syndic de copropriété ne peut excéder 3 ans (souvent 1 an en pratique). Mais attention : ce contrat ne s'arrête pas par magie. Si vous ne faites rien, le syndic actuel proposera le renouvellement de son propre contrat lors de la convocation de l'assemblée générale.

Pour que le changement soit effectif, il faut impérativement que la question soit inscrite à l'ordre du jour. Si vous vous manifestez une fois que vous avez reçu votre convocation dans la boîte aux lettres, il est déjà trop tard !

La mise en concurrence : une étape légale incontournable

Depuis la loi Alur et la loi Élan, le conseil syndical de copropriété a l'obligation de procéder à une mise en concurrence tous les 3 ans (sauf dispense votée en AG). Mais au-delà de l'obligation, c'est votre meilleur levier pour comparer les tarifs et les prestations.

  • Le conseil : Ne vous contentez pas d'un seul devis. Sollicitez au moins deux ou trois cabinets de gestion pour avoir une vision claire du marché.
  • Les critères à surveiller : Les frais de tenue de compte, la réactivité du gestionnaire dédié et la gestion des sinistres.

Comment inscrire le changement de syndic de copropriété à l'ordre du jour ?

C'est ici que la procédure devient technique. Pour que le vote soit valable, les nouveaux projets de contrat doivent être envoyés au syndic actuel par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).

Le courrier doit arriver suffisamment tôt pour que le syndic puisse intégrer les contrats à la convocation qu'il envoie aux copropriétaires. En règle générale, prévoyez d'envoyer vos propositions de contrats deux à trois mois avant la date habituelle de votre assemblée générale.

Selon l'article 10 du décret du 17 mars 1967, tout copropriétaire (et pas seulement le conseil syndical) a le droit de demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour.

Le jour de l'assemblée générale : quel vote pour quel résultat ?

Le moment de vérité arrive lors de l'assemblée générale. Le vote pour le changement de syndic de copropriété s'effectue selon une règle de majorité spécifique : la majorité absolue de l'article 25.

  • La majorité de l'article 25 : Il faut obtenir la majorité des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (présents, représentés ou absents).
  • Le plan B (Article 25-1) : Si vous n'obtenez pas la majorité absolue mais que vous recueillez au moins un tiers des voix, vous pouvez procéder à un second vote immédiat à la majorité simple (ceux qui sont dans la salle ou représentés).

Bon à savoir : L'élection du nouveau syndic de copropriété entraîne la révocation de l'ancien. Il n'y a pas de préavis à respecter, sauf mention contraire spécifique dans le contrat sortant, mais le transfert des archives doit se faire dans des délais stricts (entre 15 jours et 2 mois selon la nature des documents).

La passation : un passage de témoin sous haute surveillance

Une fois le nouveau professionnel élu, la transition commence. L'ancien syndic de copropriété doit transmettre les fonds disponibles, les archives de la copropriété et l'état de la trésorerie au successeur. C'est souvent durant cette phase que les conseils d'un notaire peuvent s'avérer précieux, notamment pour vérifier la conformité des documents de propriété ou régler des litiges sur des travaux en cours.

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FAQ

Peut-on changer de syndic de copropriété à n'importe quel moment de l'année ?
En théorie, oui, mais c'est risqué. La méthode la plus simple est d'attendre l'échéance du contrat lors de l'Assemblée Générale (AG) annuelle. Pour rompre le contrat en cours de route (révocation), il faut prouver une faute grave du syndic, sous peine de devoir lui verser des indemnités.
Combien de devis faut-il présenter pour que le vote soit valable ?
La loi impose au conseil syndical de mettre en concurrence plusieurs projets. Bien qu'aucun chiffre strict ne soit fixé, présenter au moins deux ou trois devis comparatifs est la norme pour permettre un choix éclairé aux copropriétaires.
Le conseil syndical peut-il décider seul du nouveau syndic de copropriété ?
Non. Le conseil syndical prospecte, compare et recommande, mais le choix final appartient exclusivement à l'Assemblée Générale via un vote.
Quel est le délai pour envoyer sa demande d'ajout à l'ordre du jour ?
N'attendez pas de recevoir la convocation ! Envoyez votre demande par courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR) environ 2 à 3 mois avant la date habituelle de votre AG pour être certain que les devis soient inclus.
Est-ce que changer de syndic de copropriété coûte cher à la copropriété ?
Normalement, non. Le syndic sortant n'a pas le droit de facturer des "frais de transfert" de dossiers. Le coût se limite souvent aux frais d'envoi des recommandés pour la mise en concurrence.
Que se passe-t-il si le syndic actuel refuse d'inscrire la question à l'ordre du jour ?
Si la demande a été faite par LRAR dans les temps, le syndic a l'obligation de l'inscrire. S'il refuse, le président du conseil syndical peut, après mise en demeure restée infructueuse, convoquer lui-même l'AG.
Quelle majorité est nécessaire pour élire le nouveau syndic de copropriété ?
L'élection se fait à la majorité absolue (majorité de tous les copropriétaires, présents ou non, appelée "article 25"). Si elle n'est pas atteinte mais que le projet a recueilli au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple (article 24) peut avoir lieu immédiatement.
Le contrat du syndic est-il négociable ?
Absolument. Bien qu'il existe un "contrat type" réglementaire pour faciliter la comparaison, vous pouvez négocier les honoraires de gestion courante et le coût des prestations spécifiques (visites supplémentaires, gestion des sinistres).
Combien de temps le syndic sortant a-t-il pour transmettre les dossiers ?
Il dispose de 15 jours pour transmettre les documents de gestion courante (archives, contrats d'entretien) et de un mois pour les documents comptables et les fonds de la copropriété.
Que devient notre fonds de travaux Alur lors du changement ?
L'argent ne disparaît pas ! Le syndic sortant doit transférer l'intégralité du fonds de travaux vers le nouveau compte de la copropriété ouvert par le nouveau syndic. Ce fonds est attaché aux lots, pas au syndic.
Peut-on passer d'un syndic professionnel à un syndic bénévole ?
Oui, c'est tout à fait possible et très fréquent dans les petites copropriétés pour réduire les charges. La procédure de vote en AG reste la même.
Les impayés de charges bloquent-ils le changement de syndic ?
Non. Le nouveau syndic récupère l'historique comptable et poursuit les procédures de recouvrement entamées par l'ancien. Cela ne doit jamais être un frein au changement.
Le nouveau syndic peut-il changer nos prestataires (ménage, ascenseur) ?
Pas sans votre accord. Le syndic gère les contrats, mais il ne peut pas les résilier ou en signer de nouveaux sans un vote en AG, sauf en cas d'urgence absolue.
Que faire si l'ancien syndic ne rend pas les archives ?
Le nouveau syndic (ou le conseil syndical) doit le mettre en demeure par LRAR. Si cela ne suffit pas, une action en référé (procédure rapide) devant le tribunal judiciaire est nécessaire pour obtenir la remise des pièces sous astreinte financière.
Comment savoir si un syndic est "bon" avant de l'élire ?
Ne vous fiez pas qu'aux plaquettes commerciales. Demandez à visiter une copropriété qu'ils gèrent déjà ou contactez un membre de leur conseil syndical. Vérifiez aussi leur réactivité par mail lors de la phase de devis.